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13.05.2008
CHARLES L'IMPOSTEUR...
D’un mois de mai l’autre, d’une commémoration l’autre, d’une imposture l’autre…
Nous savons quoi penser de mai 68, de cette révolution en peau de toutou, de ces petites nuits d’émeutes qui auraient sans nul doute pu, si Moscou l’avait permis, se transformer en un grand soir rouge, mais ne dépassèrent finalement jamais le stade du monôme.
Mai 68 fut une caricature et une imposture. Mai 58 et les 10 ans de pouvoir gaulliste qui s’en suivirent ne le furent pas moins.
On juge un régime à son bilan. On le mesure à la pérennité de son œuvre.
Que reste-t-il de celle de Charles De Gaulle ?
La restauration de l’autorité de l’Etat ? L’indépendance nationale ? La souveraineté populaire ? La prospérité économique ? La force des Institutions ?
Rien ! Il ne reste rien. Rien ne pouvait durer car rien n’était fait pour cela. Tout était faux. Tout était bidon.
L’autorité des l’Etat ? Elle ne s’exerça, en réalité, que contre ceux qui refusèrent le déshonneur, l’abandon et le renoncement.
L’indépendance nationale ? Une formule destinée à masquer une préférence étrange qui toujours fut celle de De Gaulle pour le grand Est, c'est-à-dire pour l’URSS, sans doute parce qu’elle était de nature à flatter son sens inné d’une grandeur unique : la sienne.
La souveraineté populaire ? La république gaulliste fut une OPA d’un clan sur la vie politique française, la main mise d’un gang sur la France et les Français.
La prospérité économique ? Servie par un baby boom qui aurait de toutes façons permis une éclaircie en même temps que par le talent pragmatique d’un Jacques Rueff aussi peu gaulliste qu’il était possible de l’être alors dans les allées du pouvoir , la politique de reconstruction monétaire et financière suivie pendant dix ans par De Gaulle, puis celle de l’industrialisation voulue par Georges Pompidou, furent très largement des leurres qui occultèrent longtemps des réalités qui devaient pourtant s’imposer à la France dès le milieu de années 70, encouragèrent le recours à la main d’œuvre immigrée sans en voir les conséquences sur le long terme, et eurent pour effet de repousser les décisions qu’imposaient les mutations en marche, de nier tout besoin d’adaptation de nos entreprises à l’évolution des marchés et de faire manquer à la France les grands rendez-vous électroniques et informatiques. La modernisation ? Les grandes réalisations ? Mais les technocrates issus de l’école d’Uriage qui furent l’ossature de la Quatrième en avaient mis en œuvre les prémices dès le début des années cinquante, de même qu’ils avaient créé les conditions de l’accession de la France au club alors très fermé des nations nucléaires. On sait, en revanche, quels sacrifices imposa De Gaulle à la France, à son armée et à notre peuple au nom de la Bombe. L’abandon de l’Algérie en est un exemple cruel.
Les Institutions ? Mais quelle étrange constitution que celle qui, taillée pour un homme à sa mesure, doit être sans cesse tripatouillée pour faire entrer dans le costume ses successeurs ? Ni présidentielle ni parlementaire, ni monarchique ni vraiment démocratique, la Vème République repose sur des fondements illusoires et ne s’adosse que sur un squelette de plumes et de feuilles mortes.
Chacun se plait aujourd’hui – y compris dans nos rangs- à louer le bon vieux temps du gaullisme triomphant, un temps où les valeurs étaient respectées, où l’ordre régnait, où la France était écoutée… Mythologie ! Le grand art de De Gaulle fut de faire croire qu’il était le rempart de l’occident chrétien, de ses valeurs et de ses principes, alors qu’il n’eût de cesse de l’abaisser et de les miner. L’ordre qui régnait fut celui des polices parallèles. Quant à sa politique étrangère, elle ne mena la France qu’à la rupture avec nos alliés et à une manière de non alignement titiste, au moment où le communisme avançait, partout dans le monde ses pions criminels.
En Mai 58, une révolution droitiste et nationale était possible et sans doute probable tant était grand le rejet de la IVème République et le désir populaire de participer, dans un grand élan civique, à la refondation de la France, à la construction européenne et au renouveau occidental.
Le coup d’état gaulliste, là encore avec la permission implicite des communistes, a empêché cette volonté nationale de s’exprimer et de se concrétiser. L’Histoire dira peut être un jour quelle fut la part de la lâcheté, celle du hasard et celle de la nécessité pour certains services.
De Gaulle, en s’emparant d’un pouvoir déjà à terre, a, dans les faits permis au régime de se rénover mais de ne pas disparaitre. Une réédition, en somme, de l’épisode de 1944-1946 où il ne s’imposa aux affaires que grâce à la SFIO et au Parti communiste, s’opposant parfois violemment aux mouvements de la Résistance qui espéraient en finir avec les vieux partis et reconstruire une France nouvelle.
De Gaulle fut, par deux fois, le garant du régime.
Et, à l’évidence, Mai 68 existait déjà en filigrane dans mai 58.
Reste une question. De Gaulle, par vanité, s’est-il contenté de vouloir imiter, s’enveloppant dans leurs gloires, les acteurs immortels de la Grande Politique française ? Il n’aura en ce cas été qu’un imposteur.
Ou bien à-t-il tout au long de ces années été le maître conscient de lui-même et le serviteur plus ou moins obligé d’autres intérêts ?
Mais il est vrai qu’une réponse n’interdit pas l’autre.
13/05/08
16:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : de gaulle, ump, jean-françois touzé, synthèse nationale, mai 68


