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21.03.2008
Enracinement local, enracinement technologique : deux nécessités d’un même militantisme
Dans un ouvrage intitulé « Internet : séisme dans la culture », Marc Le Glatin expose l’idée selon laquelle la révolution technologique amorcée à la fin du XXe siècle serait d’ordre anthropologique. Ainsi, d’après lui – et malgré l’absence évidente de recul –, « on peut se risquer à y voir pour l’histoire de l’humanité une échelle comparable au Néolithique, lorsque les populations se sédentarisant, se mirent à domestiquer plantes et animaux » avec notamment pour corollaire de nouvelles manières de vivre ensemble et de communiquer.
Il est vrai que le développement du réseau Internet a profondément influé sur l’évolution des rapports sociaux tout en offrant de nouvelles possibilités pour capter l’information. Il est, en effet, désormais facile de contourner les circuits traditionnels de transmission imposés par les grands médias et les décideurs économiques. Par exemple, ces logiciels qui permettent de faire voler en éclat la logique d’agencement de la télévision classique en visualisant ses programmes – via le podcasting – débarrassés des publicités internes aux émissions, pour le plus grand malheur des annonceurs… Ou bien encore la diffusion massive d’œuvres culturelles numérisées (musique, littérature, etc.) sur le réseau qui sème la panique chez les féodalités économiques accrochées à leurs privilèges et à leurs rentes.
Au-delà d’une remise en cause du processus de marchandisation du monde, c’est toute l’entreprise de conditionnement des esprits qui peut être aujourd’hui contournée par ceux qui maîtrisent les nouvelles technologies. Celui qui n’a pas intégré ces éléments dans sa logique militante a perdu d’avance.
Internet est comme un vaste tableau que tout le monde peut consulter et sur lequel chacun peut écrire. Et le développement du Web 2.0 entraîne pour l’internaute un véritable changement de statut. De simple consommateur d’informations, il peut se transformer en acteur à part entière du réseau. À travers les multiples plateformes collaboratives, le militant peut faire entendre facilement sa voix en produisant sa propre information, que ce soit à partir de blogs, de sites de partages de vidéos et de photos ou encore d’encyclopédies alternatives. Une démarche gramsciste appliquée en quelque sorte, au monde des nouvelles technologies. Et qui a d’ailleurs amené Jean-Yves Le Gallou – président de la Fondation Polémia - à proposer récemment le concept de « gramscisme technologique ».
Le combat politique englobe donc aujourd’hui des formes multiples et complémentaires. Ce serait une erreur tant de tourner le dos aux nouvelles technologies pour se cantonner au militantisme classique, que d’espérer faire évoluer les choses uniquement par une présence sur le Net.
Bien au contraire ! La rue et les réseaux informatiques doivent tous deux être perçus comme nos permanences politiques. Tout en maîtrisant de nouvelles formes d’action et des supports d’informations alternatives, il reste indispensable d’occuper le terrain, d’arpenter nos villes et nos villages afin d’être auprès de notre peuple. Priorité à l’enracinement local donc. Mais également accent mis sur l’« enracinement technologique » car c’est aussi sur le Web que nous devons lancer nos appels à la Tradition. Les pieds dans la terre mais aussi les mains dans les langages de programmation informatique.
Dans ce combat permanent pour la défense de notre civilisation, nous nous devons d’associer – dans un élan salvateur – paysans et webmestres, cathédrales et fusées, pioche de l’ouvrier et souris de l’internaute. À nous d’être les Hoplites du XXIe siècle, combattant aussi bien dans la rue qu’au moyen de notre ordinateur. L’époque actuelle nous offre un choix multiple d’armes, pour la plupart forgées par ceux que nous combattons. Sachons exploiter les possibilités offertes par la mondialisation pour engager des opérations de guérillas anti-mondialistes.
Mélange de tradition et de modernité, le militant identitaire est tout cela à la fois. C’est en réadaptant notre imaginaire européen, nos valeurs et nos racines à la rue et aux nouveaux supports que notre identité pourra se perpétuer, vivre et affronter l’avenir.
23:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, identitaires, identitaire, synthèse nationale, robert spieler, jeune alsace, kosovo



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